Snapchat ça sert à quoi ?

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Ne vous trompez pas, c’est rarement un adolescent qui vous posera la question! Non, ceux qui vous regarderont comme des ovnis ce sont vos pairs, les gens qui donc pour moi ont dans la trentaine. Il est vrai qu’en soit on a presque envie de répondre : à rien.

C’est vrai, à quoi ça sert Instagram si ce n’est fantasmer sur la vie supposée parfaite et léchée des gens ? A quoi sert Twitter si ce n’est à suivre les infos qu’on reçoit de toute façon par push sur notre mobile, et lire l’aigreur et l’amertume d’inconnus ? A quoi ça sert Facebook sinon voir défiler un nombre incalculable de topitos, de news qui pètent le moral, et le quotidien de gens dont on se passerait bien mais qu’on ose pas ne plus suivre de peur de passer à côté d’une information capitale qu’ils ne se donneront plus la peine de nous donner de vive voix puisque Facebook quoi, t’avais qu’à lire.

On sent que j’en ai ras le cul ? Depuis plusieurs mois, que dis-je depuis près de deux ans, j’ai fait un little burn-out des réseaux sociaux. Ou plutôt de leur utilisation… C’est pourtant mon travail, je suis consultante Social Media. Consternée par le climat anxiogène qu’il y règne, par cette pression qu’il y a à ne pas avoir raté la moindre information.

J’ai commencé par écrémer les sources que je suivais, adios tous les sites qui ne savent que reproduire inlassablement une recette à laquelle je n’adhère plus. L’info pute à clique, out ! Adios aussi les marques et leur fausse proximité, qui vous proposent des contenus à faible valeur ajoutée. Adios, ou plutôt mute, les personnes se servant des réseaux sociaux pour déballer leur existence et plus particulièrement leur aigreur. Abandon, clairement, de mon compte personnel Twitter, pour me concentrer sur le pro où les sources suivies tiennent un tant soit peu à leur image pour avoir un peu de pudeur. Adieu la consultation frénétique des réseaux sociaux le soir et le week-end.

Aujourd’hui je passe beaucoup plus de temps sur mon compte Twitter pro, et sur mon compte LinkedIn. Parce que rien ne m’agresse, ne m’agace et ne me pollue sur ces canaux.

Et puis Snapchat est arrivé un beau jour, oh bien sûr je n’ai rien compris au départ. J’ai même supprimé l’appli, mal foutue me suis-je écriée. Et puis quand même, ne serait-ce que pour mon travail et pour en comprendre les mécaniques j’y suis retourné, j’ai persévéré, j’ai cherché les réponses à mes questions, et sans crier au génie, je me suis quand même bien adaptée au réseau.

Vous ne comprenez rien ? C’est normal ! Alors que le réseau n’est absolument pas élitiste par les contenus qu’on peut y fabriquer et par la population qui l’utilise, ils ont décidé de miser sur la cooptation. Les ados dans la cour de récré, ils vont pas chercher bien loin pour comprendre Snapchat, ils tapent sur l’épaule de leur voisin. Et quand c’est tes petits copains qui t’expliquent, bah en plus d’être mieux tu te dis que ouais ce serait bien que t’en sois aussi parce que visiblement il se passe quelque chose.

Quand c’est tes collègues qui se marrent comme des baleines après avoir échangé leur visage sur l’appli, tu te dis que ouais, ce serait bien que toi aussi tu te marre avec eux. Voilà comment Snapchat se propage, en misant sur le bouche à oreilles.

Pourquoi, j’ai aimé cette appli ? Au delà de décomplexer à mort le selfie via des filtres plus couillons les uns que les autres, c’est aussi une formidable soupape de décompression. Ici tu te fais pas chier à savoir si ton assiette est bien prise, c’est crade, c’est moche, mais tu t’en fiche. Ici personne ne vient te dire qu’on s’en fout de savoir que t’as mangé un gros burger, ça te fait plaisir, tu le partage. Ici t’es heureux, et ça me plaît. Adieu le côté anxiogène des réseaux sociaux, bonjour sourires, rires, et moment de vie.

Moi qui supprime toutes les semaines le peu de publis que je mets sur Facebook (pour éviter de me traîner des casseroles), ici pas de soucis, 24h après, le vieux selfie que tu as posté, avinée, la veille, n’est plus. Alors certes ça ne vole pas très haut. Mais c’est un formidable territoire d’expression pour qui a envie de capitaliser sur le bonheur.

Les marques commencent à le comprendre, à apprivoiser le réseau. Les médias aussi, parfois un peu mal, parfois un peu bien. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui les trentenaires débarquent en masse sur Snapchat. Et que potentiellement dans quelques années, les adolescents seront ailleurs. Parce que vous en connaissez beaucoup des « djeuns » qui veulent traîner avec tonton Michel ?

Alors aujourd’hui, si par mon travail je m’intéresse aux mécaniques sociales et à ce qu’on peut y faire, je vous encourage vous à profiter de la respirabilité qui règne sur Snapchat !

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