Une petite peste, une chipie, une casse-couille…

Selon les âges, il y a différents mots pour qualifier les perturbateurs à l’école. Je ne me suis jamais considérée, quand j’étais gamine, comme une « perturbatrice », une « mauvaise élève », c’était peut-être le problème d’ailleurs, je ne voyais pas ce que je faisais de mal. « Delphine a des facilités, elle fait le minimum ».

A force de mettre des règles à la con partout (comme ne pas ouvrir la fenêtre au collège à 14 ans, des fois que tu tomberais de l’autre côté), je me retrouvais aussi avec des mots à la con partout. « Delphine a ouvert la fenêtre sans autorisation ». Rebelle Delphine.

Sur tous mes bulletins d’école, on retrouve au minima une fois le mot « bavarde », mais pas que. On pouvait me reprocher de faire le clown mais il faut croire que j’avais un peu de créativité quand même.

A cause d’une fucking inondation qui a détruit mes souvenirs (c’est rien comparé à ceux qui perdent tout, mais c’est suffisant pour vous faire bader), je me suis replongée dans mes carnets, et j’y ai trouvé quelques pépites.

En CE2, je commence déjà ma carrière de « je m’en foutiste » en chantant sous la pluie.

Carnet de correspondance, CE2

Carnet de correspondance, CE2

Cette année là, ma prof a cru bon également de signaler à mes parents à la fin de l’année que quand même, j’avais beau tout savoir on m’en demandait pas tant, par contre si je pouvais bouger mon cul en sport ce serait un bon moyen d’utiliser mon impulsivité. Notez que je suis pas certaine que ce soit réellement mon père qui ait signé ce mot…

Carnet de correspondance, CE2

Carnet de correspondance, CE2

Au collège j’entame ma période clown casse-couille. Oui je trouve ça drôle de mettre du « blanco sur la joue de ses voisins », oui je trouve ça drôle de faire des batailles de craies, non je vois pas le problème qu’il y à chanter en cours de musique… En tout 27 mots de profs figurent dans mon carnet de correspondance de 4ème/3ème. Par un stratagème de folie, j’ai simulé une perte de carnet de correspondance pour en avoir un 2ème. Ainsi il y avait le carnet « présentable » celui pour les parents avec un ou deux mots dedans pour être crédible, et le carnet pas présentable, que je signais moi même.(Pardon maman mais il y a prescription, tu vois je suis devenue fréquentable). J’étais tellement organisée que je comptais mes trophées.


Carnet de correspondance, Collège

Cependant au collège ça s’est corsé lorsque l’éducation nationale a mis dans les pattes de collégiens (par définition débiles) un prof de musique qui venait du privé, et qui n’avait aucune mais aucune autorité. Nous nous faisions autant engueuler de nos dérapages dans ses cours que lui. Avant de nous mettre un savon, la principale lui criait dessus dans son bureau et nous entendions tout. En résumé elle lui conseillait de retourner enseigner dans un conservatoire. Très sincèrement autant je regrette pas spécialement d’avoir été bavarde et de m’être amusée, autant je regrette d’avoir abusé de la faiblesse de cet homme. Avec le recul, il avait sérieusement de bonnes raisons de se fouttre une balle. Tous ses cours, dans tous les niveaux, même les sixièmes, étaient le théâtre d’un grand foutoir. Il ne savait imposé aucunes limites, nous en avons tous largement profité.

Souche, Collège

Puis est venu le temps du lycée, là je n’ai pas récolté beaucoup de mots, au lycée on s’amuse pas à dire à tes parents tous les 15 du mois que t’es qu’une chieuse bavarde qui les fait chier. On préfère donc les « avertissements de conduite » sur les bulletins. Cela dit je m’étais un peu calmée quand même, j’ai joué aux cartes pendant tous les cours de math de la terminale, mais ça ne se voyait pas, nous étions futées. Mais j’avais une prof d’allemand un peu spéciale…  Elle me fichait au fond de la classe pour que je ne bavarde pas, et comme il m’arrivait d’oublier mes lunettes je demandais à mes voisins de me dicter le tableau mais comme elle me disait de me taire, je ne notais plus rien… visiblement c’était trop pour elle.

Avertissement, Lycée

Notez que celui-ci n’a jamais été signé, la simple et bonne raison est que la CPE ne l’a jamais envoyé, elle trouvait aussi que c’était complètement con, donc elle a simplement indiqué l’avoir vu et ne l’a jamais envoyé.

Ma carrière de « perturbatrice » de l’école s’est arrêté au lycée. A la fac, j’avais suffisamment grandi et que j’étais suffisamment déprimée à Paris 8 pour ne pas avoir envie de papoter pendant les cours.

Je pense très sincèrement que la plupart de mes profs m’appréciaient, et le peu de profs que ma mère a rencontré n’ont pas indiqué non plus le contraire même ceux qui déploraient que je préfère papillonner plutôt que bosser. Pourtant, si on s’en tient à mes carnets de correspondance et mes bulletins, on pourrait sérieusement croire que l’enfant dont il s’agit va finir délinquante….

5 commentaires sur “Une petite peste, une chipie, une casse-couille…

  1. Y a des profs qui devraient apprendre leur orthographe avant d’écrire des mots 😉
    Moi j’étais agitée jusqu’en 5e, et en 4e-3e j’aimais pas ma classe (les mêmes têtes de noeud les 2 ans, contente j’étais), du coup j’avais pas envie de faire le clown 😉 Mais ça m’aurait trop plu de t’avoir dans ma classe, on se serait bien marrées !!!!

    • Merci 😀 Moi je me suis amusée pendant toute ma scolarité jusqu’au bac. C’est bien ce que m’ont reproché les profs d’ailleurs. D’être sélective, de « choisir mes matières ». Je n’ai jamais eu le coeur à l’ouvrage pour ce qui me faisait chier.

      • Pareil, on m’a toujours dit que je travaillais à l’affectif ! Et sur mes bulletins, l’appréciation générale du principal ou du proviseur qui revenait souvent était que je choisissais mes matières, et que même si la moyenne générale était de 10-12, l’ensemble était trèèèèèès disparate (genre les matières scientifiques en prenait un coup) !!!!
        Et selon le prof et/ou la classe, d’une année sur l’autre je peux passer de 9 à 13 ou de 15 à 10 dans une même matière !

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