Quand l’ancêtre du blog prend l’eau et mes souvenirs avec…

La semaine dernière, une méchante inondation a réduit bon nombre de mes souvenirs en une espèce de bouillie qui pue l’eau croupie. Mes souvenirs ont pris l’eau et pour certains je ne pourrais jamais les récupérer. Dans cette eau croupie j’ai presque perdu mes petits carnets. Ceux là même qui m’ont vu dépeindre ma vie pendant tant d’années.

Journal intime

J’ai toujours adoré lire et écrire. En 6 ème, ma mère m’a offert un journal intime, il était beau et les pages étaient parfumées. J’ai commencé à rédiger quelques lignes, j’avais peur. Que quelqu’un le trouve, qu’on lise ce qu’était ma réalité, ce qui ne voulait pas toujours dire que c’était la vérité. Alors je le cachais autant que je le pouvais, ce qui n’a pas toujours suffit.

Suivrons 6 autres carnets dont le dernier a été gribouillé lors de ma dernière rupture, celle-là même que je pouvais à l’époque dépeindre ici aussi. Un cahier entier à crier ma colère, ma peine, ma détresse. Aujourd’hui, seules les pages rédigées au stylo dans ces carnets sont encore lisibles, mais j’ai du mal à les relire. Je suis gênée. Gênée de voir les mensonges que je pouvais y raconter, qui essayais-je de convaincre en parlant pendant un an de la même personne en affirmant que de toute façon je ne l’aimais pas et que ce n’était qu’un ami :) ? Gênée de me prendre en pleine dent mes peines de coeur, de famille, d’amitié. Gênée de lire les dizaines de « poèmes » que j’ai écris aux heures les plus sombres. Dans certains je m’adresse aux enfants que je n’ai pas encore, c’est dire si j’avais le sens de la mise en scène. Au final ces journaux ne suffisent pas à résumer ma vie, il manque tellement de morceaux, notamment parce que quand on vit avec sa soeur dans la même chambre on ne s’amuse pas à raconter qu’hier on a fumé pour la première fois, qu’on a pris la cuite de sa vie à 14 ans avant son spectacle de danse ou encore qu’on vient de découvrir les plaisirs de la chair.

 C’est parce que j’aime écrire que j’ai ouvert ce blog il y a maintenant 7 ans. 7 ANS !!!  Contrairement à mes carnets, ces sept années de blog ne risquent pas de partir à l’eau (quoi qu’on peut facilement oublier de renouveler son nom de domaine…). Parfois je parcours les archives et là encore je suis gênée. Gênée de voir qu’à l’époque où personne ne me lisait, du moins personne que je ne connaissais, je pouvais raconter mes joies ET mes peines. Aujourd’hui c’est impossible, du moins plus sur ce blog. Comment raconter ce qu’on veut crier au monde entier sauf à ses proches ? Fort heureusement, ça va plus bien que mal, mais parfois il me prend l’envie de noircir de nouvelles pages. Ou d’ouvrir un nouveau blog ?

PS: Delphine, critique littéraire à 11 ans.

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